Jérôme Minski invite la franc-maçonnerie à renouer avec la transformation intérieure
Dans « Ultime sagesse occidentale », Jérôme Minski interroge la capacité de la franc-maçonnerie à transformer les individus plutôt qu’à simplement perpétuer des cérémonies. Face à une société dominée par l’immédiateté, il rappelle l’importance du silence, de la patience et d’un travail sur soi inscrit dans la durée. L’initiation ouvre ainsi un chemin personnel dont ni le rituel, ni l’ancienneté, ni les responsabilités institutionnelles ne garantissent l’accomplissement. Transmettre une tradition suppose de rendre son héritage vivant, sans confondre fidélité aux sources et reconstitution du passé. Dans sa préface, Jean-Pierre Brach souligne la complémentarité entre vie intérieure et engagement dans le monde, pour que la spiritualité nourrisse une présence plus attentive aux autres. La réflexion distingue également la portée symbolique des mythes maçonniques de la rigueur nécessaire à l’étude historique. Elle invite toutefois à ne pas idéaliser les loges, qui restent exposées aux rapports de pouvoir, au conformisme et aux écarts entre leurs principes et leurs pratiques. La valeur de la démarche initiatique se mesure finalement à la liberté de jugement et à la responsabilité exercées dans la vie quotidienne, sans revendiquer un monopole de la sagesse. source
La bienfaisance maçonnique, une fraternité mise en actes
Héritée des Lumières, la bienfaisance occupe une place centrale dans la franc-maçonnerie depuis le XVIIIe siècle et traduit le devoir de secourir autrui. Elle repose sur une aide discrète et fraternelle, apportée sans recherche de reconnaissance ni posture de supériorité. En fin de tenue, le tronc de bienfaisance, également appelé tronc de la veuve, recueille anonymement les dons destinés aux personnes en difficulté et aux œuvres philanthropiques. L’Hospitalier assure le suivi des membres éprouvés, administre cette collecte et propose les secours adaptés à leurs besoins. Le Rite écossais rectifié lui accorde une importance particulière avec les Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, dont le nom fut adopté à Lyon en 1778 sous l’impulsion de Jean-Baptiste Willermoz. Dans cette tradition chrétienne, l’assistance matérielle s’accompagne d’une exigence spirituelle fondée sur l’amour du prochain. Aujourd’hui, cet engagement se manifeste par l’entraide entre membres et familles, le soutien aux associations locales ainsi que par des fondations actives dans l’éducation, la recherche et l’action sociale. Les institutions charitables britanniques illustrent aussi cet héritage, notamment la Royal Masonic School for Girls, fondée en 1788 pour accueillir les filles de francs-maçons démunis. source
Solange Sudarskis explore la franc-maçonnerie par le vagabondage symbolique
Avec « Scintillement du vagabondage d’un franc-maçon », Solange Sudarskis clôt sa collection « Vagabondages maçonniques » par un panorama de la vie initiatique. Paru en décembre 2023 aux Éditions LOL, ce treizième volume rassemble treize chapitres sur 132 pages. Il aborde les décors, les usages, la parole et le silence, mais aussi les symboles, la spiritualité, la connaissance et la dualité. Plutôt que d’approfondir un seul domaine, l’ouvrage met en relation les thèmes développés dans les douze livres précédents. Son dernier chapitre présente le vagabondage comme une démarche de compréhension, où le passage libre entre rites, degrés et époques éclaire les mots et les gestes maçonniques. La lumière y apparaît par découvertes successives, sans imposer au lecteur un itinéraire figé. Initiée en 1977 au Droit Humain et autrice de plus de soixante ouvrages, Solange Sudarskis inscrit cette réflexion dans un long parcours de recherche et de transmission. Cette synthèse s’adresse autant aux francs-maçons souhaitant croiser leurs questionnements qu’aux lecteurs désireux de découvrir ces sujets avant de les approfondir. source
Solange Sudarskis fait dialoguer philosophie et initiation maçonnique
Dans « Lueurs philosophiques », Solange Sudarskis explore ce que la philosophie peut apporter à la démarche du franc-maçon. Paru en décembre 2023 aux Éditions LOL, ce douzième volume des « Vagabondages maçonniques » rassemble onze méditations sur 130 pages. Chaque chapitre s’appuie sur le symbolisme maçonnique pour interroger notamment le respect d’autrui, la sagesse, le cercle ou les rapports entre mythe et raison. La relation à l’autre y tient une place importante, avec une réflexion qui prend le contre-pied de la célèbre formule de Sartre sur l’enfer. L’autrice questionne également la sagesse comme don ou comme effort, tandis que la mort devient une invitation à réfléchir à la vie. Le dernier chapitre rapproche naissance et initiation, envisagées comme deux passages faisant sortir de l’obscurité. Lisibles séparément, ces textes offrent des pistes aux maçons préparant des travaux sur l’altérité, la sagesse ou la condition humaine. L’ouvrage s’adresse aussi aux lecteurs non initiés qui souhaitent découvrir comment une tradition symbolique peut nourrir une philosophie pratique. source
René Bianco, entre histoire libertaire et renouveau du Rite français
Marseillais né en 1941 et disparu en 2005, René Bianco a conjugué enseignement, militantisme libertaire et engagement maçonnique. Issu d’un milieu modeste, il devient instituteur puis professeur d’histoire-géographie, tout en poursuivant des études qui le conduisent à une thèse d’État sur les périodiques anarchistes de langue française en 1988. Ses recherches et sa collaboration au Maitron font de lui une référence pour l’histoire de la presse anarchiste. Engagé dans le syndicalisme enseignant, la Libre Pensée et la Fédération anarchiste, il soutient également la campagne de Louis Lecoin pour l’objection de conscience. Il fonde le Centre international de recherches sur l’anarchisme de Marseille, qui devient un important lieu de conservation et de documentation du mouvement libertaire. Au Grand Orient de France, où il exerce notamment la fonction de vénérable maître, il contribue à documenter les liens entre anarchisme et franc-maçonnerie. En 1979, il participe à la constitution du Grand Chapitre de Provence et à l’installation du chapitre « Lou Calen » à Cabriès, une étape du renouveau des quatre ordres du Rite français. Également engagé dans le Rite écossais ancien et accepté, il rejoint en 1997 le Suprême Conseil du Grand Collège des Rites, illustrant un parcours qui associe libre pensée et tradition initiatique. source
À Riga, un nouveau musée retrace trois siècles de franc-maçonnerie
Ouvert le 20 octobre 2026 au 7, rue Baznīcas, le Riga Museum of World Freemasonry invite à découvrir l’histoire mondiale de la franc-maçonnerie. Son fondateur, Konstantin Rubakhin, lui-même franc-maçon, a réuni en une dizaine d’années plus de 2 000 objets, parmi lesquels des tabliers, bijoux, diplômes et archives. Le parcours présente les symboles, les degrés et les pratiques maçonniques, avec une salle rituelle reconstituée pour les visiteurs non initiés. Mozart, Pouchkine et Cagliostro figurent parmi les personnalités mises à l’honneur, notamment à travers un rare fac-similé du registre de la loge de Mozart. L’exposition explore aussi la bienfaisance et les liens de certains souverains et chefs d’État avec l’Ordre. Une section retrace le parcours mouvementé des loges lettones, apparues dans les années 1750, frappées d’interdictions et de persécutions avant leur renaissance au début des années 1990. Une salle consacrée à l’antimaçonnisme rassemble des documents de propagande et des témoignages des discriminations subies par les francs-maçons. L’ensemble cherche à dépasser les fantasmes en donnant des repères concrets sur la diversité des loges, leurs traditions et leur fonctionnement. source
